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+++"Je bus, aspirant le sang par les trous qu'il avait ouverts, renouvelant pour la première fois depuis mon enfance le plaisir particulier de pomper ma nourriture, le corps polarisé à l'unisson de mon esprit sur cette unique source de vie. Puis quelque chose se produisit. [...]Tandis que j'aspirais le sang, mon univers visuel s'était réduit à cette lumière dorée. Et la sensation qui parvint ensuite jusqu'à moi fut une sensation... sonore. D'abord un grondement sourd, puis une pulsation lourde semblable à une batterie de tambour, dont le son s'enfla, s'enfla comme si quelque énorme créature s'approchait au travers d'une forêt sombre et inconnue, accompagnant sa progression d'un tam-tam monstrueux. Puis s'ajouta la battue d'un autre tambour, celui d'un autre géant marchant à quelques pas du premier, mais aucun des deux monstres, concentrés sur leur instrument, ne prêtait attention au rythme de l'autre. Le son grossit tellement qu'il me parut non seulementemplir mes oreilles, mais aussi envahir tous mes sens, palpiter dans mes lèvres et dans mes doigts, dans la chair de mes tempes, dans mes veines. Dans mes veines, surtout, ce premier tambour, puis l'autre ; et tout à coup Lestat retira son poignet [...]. J'avais compris soudain que le premier tambour était mon coeur et que le second était le sien."
++++++++Louis+++"Elle était assise, calme, recomposée, pleine de vie, ne montrant nul signe de pâleur ni de faiblesse, les jambes étendues bien droites sur le damas du canapé, sa robe blanche épousant ses formes frêles, douce et fine comme la robe d'un ange."
++++++++Claudia+++"Aussitôt, avec un sifflement presque audible, ma langue vint lécher ce sang et une gigantesque vague de sensations me submergea. Ma bouche s'ouvrit et se referma sur la blessure. Je puisai de toutes mes forces à la grnade source qui allait, je le sentais, satisfaire ma soif comme jamais auparavant.
Du sang, du sang, encore du sang. Ce n'était plus seulement cette soif inextinguible que je sentais apaisée, mais tous les besoins, les désirs, les chagrins, la faim jamais endurés.
Ma bouche s'ouvrit encore, se pressa plus fort contre Magnus. Je sentais le sang couler dans ma gorge. Je sentais ses bras étroitement refermés sur moi.
Serré contre lui, je distinguais tous ses muscles, ses os, les contours de ses mains. Un engourdissement sournois m'envahissait et un délicieux picotement à chaque fois qu'une sentation nouvelle pénétrait ma torpeur.
Mais le plaisir suprême restait le goût de ce sang doux et onctueux, qui me rassasiait à mesure que je buvais. J'avais l'impression que cette substance s'infiltrait dans mes moindres vaisseaux, tant ce flot rouge paraissait brillant, aveuglant, et tant tous mes désirs les plus fous étaient comblés.
[...]J'avais l'impression que j'allais mourir si cela continuait, mais l'extase se prolongea et je ne mourus point."
++++++++Lestat+++++++++++++++++++++++++++++++